Guide TVA travaux

TVA sur les travaux : quel taux appliquer sur votre devis ?

En 2026, les travaux d'amélioration, de transformation ou d'entretien d'un logement achevé depuis plus de 2 ans sont soumis à une TVA de 10 %. Le taux tombe à 5,5 % pour les travaux de rénovation énergétique et leurs travaux induits, et reste à 20 % pour le neuf, les logements de moins de 2 ans et les locaux professionnels.

Mis à jour le — par Adrien de Volontat, fondateur de DictaDevi, logiciel de devis pour artisans du bâtiment.

Les trois taux de TVA applicables aux travaux

Un devis de travaux peut porter trois taux différents, parfois sur le même chantier : 5,5 %, 10 % et 20 %. Le taux se détermine ouvrage par ouvrage, pas devis par devis.

Taux de TVA travaux en vigueur en France métropolitaine, 2026.
TauxCe qu'il couvre
5,5 %Travaux d'amélioration de la qualité énergétique : isolation thermique, pompe à chaleur, chaudière à haute performance, VMC double flux, ainsi que les travaux induits indissociables.
10 %Travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien d'un local à usage d'habitation achevé depuis plus de 2 ans.
20 %Construction neuve, logement achevé depuis moins de 2 ans, agrandissement / surélévation, locaux professionnels, et fourniture de gros équipements (ascenseur, piscine, cuisine intégrée).

Les 3 conditions du taux réduit (10 % et 5,5 %)

Le taux réduit n'est pas un choix commercial : il dépend du logement, de l'ancienneté et de la nature des travaux. Les trois conditions doivent être réunies simultanément.

La TVA réduite s'applique aussi bien à la main-d'œuvre qu'aux matériaux, à condition que ceux-ci soient fournis par l'entreprise qui réalise les travaux. Un matériau acheté directement par le client chez un négoce reste taxé à 20 %.

  • Le local est affecté à l'habitation (résidence principale ou secondaire, individuel ou collectif).
  • Le logement est achevé depuis plus de 2 ans à la date de démarrage des travaux.
  • Les travaux relèvent de l'amélioration, de la transformation, de l'aménagement ou de l'entretien — pas d'une reconstruction, d'une surélévation ni d'une augmentation de plus de 10 % de la surface de plancher.

L'attestation de TVA du client est-elle encore obligatoire ?

Non. Depuis 2022, l'attestation papier (Cerfa 1300-SD / 1301-SD) est remplacée par une simple mention certifiée par le client, qui peut figurer directement sur le devis ou la facture.

Concrètement, le client confirme que le logement est achevé depuis plus de 2 ans et qu'il est affecté à l'habitation. Cette confirmation doit être conservée par l'entreprise jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant les travaux : c'est elle qui vous protège en cas de contrôle.

En pratique, la sécurité juridique passe par le devis : une ligne de mention signée par le client vaut preuve. C'est pour cette raison qu'un devis correctement construit fait apparaître le taux de TVA ligne par ligne, et pas seulement un total.

Un devis avec plusieurs taux de TVA : comment le présenter ?

Quand un chantier mélange rénovation énergétique et travaux d'amélioration classiques, le devis doit porter le taux applicable sur chaque ligne, puis un récapitulatif de TVA par taux avant le total TTC.

Exemple courant : l'isolation des combles est à 5,5 %, la reprise de plâtrerie et la peinture qui en découlent sont des travaux induits également à 5,5 %, mais le remplacement de la cuisine intégrée du même chantier reste à 20 %. Trois lignes, deux taux, un récapitulatif.

L'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse consiste à appliquer un taux unique au total du devis. En cas de redressement, la TVA non collectée est réclamée à l'entreprise, pas au client.

Les erreurs de TVA qui coûtent le plus cher aux artisans

  • Appliquer 10 % sur un logement de moins de 2 ans : le taux est de 20 %, sans exception.
  • Appliquer un taux réduit sur des gros équipements (piscine, ascenseur, cuisine équipée fournie) : ils restent à 20 %.
  • Facturer 10 % sur un local professionnel ou un local mixte au prorata non justifié.
  • Oublier la mention certifiée du client sur le devis : le taux réduit devient indéfendable en contrôle.
  • Appliquer 5,5 % à des travaux d'embellissement qui ne sont pas induits par la rénovation énergétique.
  • Facturer de la TVA en franchise en base : un auto-entrepreneur non assujetti facture en HT avec la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».

Appliquez le bon taux sans y penser

L'outil de devis gratuit DictaDevi porte le taux de TVA ligne par ligne et génère automatiquement le récapitulatif de TVA par taux avant le total TTC — le format attendu en cas de contrôle.

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Questions fréquentes

Quelle TVA pour des travaux de rénovation en 2026 ?
10 % pour l'amélioration, la transformation, l'aménagement ou l'entretien d'un logement achevé depuis plus de 2 ans. 5,5 % si les travaux relèvent de la rénovation énergétique (isolation, pompe à chaleur, chaudière performante, VMC double flux) ou sont indissociablement liés à ces travaux. 20 % pour le neuf, un logement de moins de 2 ans, un agrandissement ou un local professionnel.
La TVA à 10 % s'applique-t-elle aux matériaux ?
Oui, à condition que les matériaux soient fournis et posés par l'entreprise qui réalise les travaux. Si le client achète lui-même ses matériaux, ceux-ci sont taxés à 20 % par le négoce et seule la main-d'œuvre bénéficie du taux réduit.
Faut-il encore faire signer une attestation de TVA ?
L'attestation Cerfa n'est plus exigée depuis 2022 : elle est remplacée par une mention certifiée par le client, qui peut figurer sur le devis ou la facture. L'entreprise doit la conserver jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant la réalisation des travaux.
Peut-on mettre deux taux de TVA sur le même devis ?
Oui, et c'est même obligatoire dès que le chantier mélange des ouvrages relevant de taux différents. Chaque ligne porte son taux, et le devis présente un récapitulatif de TVA par taux avant le total TTC.
Quelle TVA pour un auto-entrepreneur du bâtiment ?
En franchise en base de TVA, l'artisan ne facture pas de TVA : le devis et la facture sont en HT avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà des seuils de franchise, il devient assujetti et applique les taux de 5,5 %, 10 % ou 20 % selon la nature des travaux.
Que risque une entreprise qui applique le mauvais taux ?
Le redressement porte sur la TVA non collectée, majorée d'intérêts de retard, et il est réclamé à l'entreprise et non au client. C'est pourquoi le taux doit être justifié ligne par ligne et la mention du client conservée.

Sources officielles

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